pommierEn ce Jeudi Saint très spécial, les chrétiens font mémoire, même s’ils sont empêchés de se rassembler pour le célébrer, de l’institution de l’Eucharistie. La situation présente nous interroge sur notre rapport à ce mystère et nous dit quelque chose de lui. Les célébrations partagées sur le Net vous ont été utiles, pour « garder un lien », mais chacun vit douloureusement le fait de ne pas être ensemble : les fidèles privés de la présence physique du Christ et de la possibilité de communier, les prêtres sans peuple à qui le donner. L’Eucharistie rassemble et fait l’Eglise, la communauté chrétienne ne peut naître, vivre et grandir sans elle. Nous en avons, je pense, fait l’expérience et creusé notre faim de partager avec nos frères le Corps du Christ. Peut-être participerons-nous autrement désormais à la messe, avec une ferveur renouvelée et, dans le cœur, une sincère action de grâce pour cet exceptionnel don de Dieu.

Notre prière silencieuse mais fervente continue de s’élever vers le Ciel, c’est en elle que nous faisons l’expérience de notre unité.rameaux

A commencé, avec la célébration des Rameaux la Semaine Sainte qui rassemble d’ordinaire les chrétiens au pied de la Croix et les invite à suivre leur Maître jusqu’à l’exultation pascale.

Cette année, comme les apôtres terrés dans la peur, nous suivrons ce chemin seuls, mais dans la paix et l’espérance, déjà illuminés par la Résurrection qui est proche.

C’est le sens des rameaux que nous avons portés ce jour : verts, ils témoignent de la vie qui demeure et se manifeste, exubérante, au printemps qui met un terme à l’hiver, comme la lumière de Pâques dissipe les ténèbres de toutes nos morts.

Dimanche donc, chacun de nous a pu prendre chez lui un rameau vert (olivier, buis …) pour le placer sur ou auprès de la croix (tiens, en avons-nous une en bonne place à la maison ?), car nous avons besoin de ritualité, et ce geste, partagé par tous, est encore une marque de communion entre nous.

Le diocèse de Fréjus-Toulon a lancé une ligne téléphonique d'écoute qui propose quatre types d'écoute en fonction des diverses problématiques identifiées à cause du confinement :

- L'isolement et la solitude,

- Les couples et les familles en souffrance,

- Les personnes vivant un deuil,

- Les personnes désirant parler avec une personne d'Église.

N’hésitez pas à communiquer le numéro de ce service gratuit (+ prix d’appel) :

04 65 84 84 49

 ni à appeler la paroisse, notamment pour signaler les personnes en détresse, avec leurs coordonnées.

 

Au soir du vendredi 27 mars, face à une place Saint-Pierre absolument déserte et inondée par la pluie, le pape François, seul, a livré un discours au monde, avtempêteant de se recueillir devant l’icône de La Vierge Marie « Salus populi romani », conservée d’ordinaire à la basilique Sainte-Marie-Majeure et considérée comme la protectrice de la Ville, puis le pape a vénéré le crucifix retiré de la basilique romaine Saint-Marcel, qui avait été conduit en procession dans les rues de Rome lors de la peste de 1522. Il a ensuite adoré en silence le Saint-Sacrement déposé sur un autel aménagé dans l’atrium de la basilique Saint-Pierre. Enfin, il a donné solennellement la bénédiction et accordé l’indulgence plénière à la Ville et au monde (« Urbi et orbi »), face à la place, tandis que sonnaient toutes les cloches et retentissaient les sirènes de police postées en haut de la Via della Conciliazione. Moment extrêmement grave dont tous les éléments étaient exceptionnels, comme la situation que vit le monde aujourd’hui. Et pourtant, c’est un message de confiance que nous livre le pape, à la lumière de l’évangile de la tempête apaisée dont la représentation domine la porte d’entrée de la basilique vaticane :

Des amis me signalent le nom de l'auteur de ce texte mis il y a quelques jours sur ce site et déjà largement partagé : il s'agit du père Pierre Alain Lejeune, du diocèse de Bordeaux :

tunnelEt après ?

" Mars 2020. Et tout s’est arrêté…

Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous  savions tous qu’il courrait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va-t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

« Nous n’avons enfanté que du vent : nous n’apportons pas le salut à la terre.

Va, mon peuple, rentre dans tes maisons, ferme sur toi les portes ; cache-toi un court instant, pendant que passe la colère.

Car voici le Seigneur qui sort de son lieu saint pour châtier la faute des habitants de la terre ; la terre laissera voir le sang versé et ne recouvrira plus ses victimes ».

 

La pandémie en cours pourrait avoir l’avantage de nous ramener à la réalité. Encore une fois, sa première leçon est de nous rappeler notre juste et très humblequête mesure. Elle nous invite à quitter ce monde artificiel que nous avons bâti, dans lequel nous vivions comme dans une bulle et qui ne nous offrait en fait que de fausses sécurités. Le ralentissement de notre rythme de vie et son rétrécissement géographique  nous conduisent à nous recentrer sur l’essentiel : à redécouvrir la vie de famille, à nous interroger sur ce qui donne sens à notre propre existence, le tout dans un silence à nouveau habité par le chant des oiseaux qu’on avait fini par oublier. C’est agités par quel démon que les hommes d’Eglise s’emploient, à grand renfort de technologie, à nous en détourner ?

Document1La vie liturgique de la paroisse continue jour après jour : la messe est célébrée, chaque jour la bénédiction du Saint-Sacrement est donnée à toute la paroisse, vendredi 20 mars, à l’heure habituelle, votre curé a parcouru les stations du chemin de croix sur la montée qui conduit au sanctuaire de Saint-Ferréol où il est allé confier au protecteur de notre cité chacun de ses habitants (et bien sûr ceux du Thoronet et de Saint-Antonin !). Quel sens cela peut-il avoir de dire la messe tout seul, de bénir une église vide ? La question peut raisonnablement se poser.

Deux réponses :

communion spirCertaines personnes sont dans l'impossibilité actuelle de communier et ne peuvent se confesser à cause de la suppression des Messes, l’âge, la maladie, etc. Elles peuvent alors recourir à la Communion spirituelle.

Pour saint Thomas d'Aquin (Somme théologique, III, q.80, a.1),  il y a deux manières de recevoir la Très Sainte Eucharistie: l'une sacramentelle par laquelle on reçoit le sacrement et ses effets (si on est en état de les recevoir: en état de grâce), et l'autre spirituelle par laquelle on reçoit l'effet du sacrement qui consiste à être spirituellement uni au Christ.

Dieu tout-puissant et éternel, de qui tout l’univers reçoit énergie, existence et vie, nous venons à toi pour invoquer ta miséricorde, car aujourd’hui nous vivons encore la fragilité de la condition humaine dans l’expérience d’une nouvelle épidémie virale.san Marcello

Nous croyons que c’est toi qui guide le cours de l’histoire humaine et que ton amour peut changer notre destin pour le mieux, quelle que soit notre condition humaine. C’est pourquoi nous te confions les malades et leurs familles : pour le mystère pascal de ton Fils donne le salut et le soulagement à leur corps et à leur esprit.

Aide chaque membre de la société à faire son travail en renforçant l’esprit de solidarité mutuelle. Soutiens les médecins et les professionnels de la santé, les éducateurs et les travailleurs sociaux dans l’exercice de leurs fonctions.

Toi qui es réconfort dans la fatigue et soutien dans la faiblesse, par l’intercession de la bienheureuse Vierge Marie et de tous les saints médecins et guérisseurs, éloigne de nous tout mal.

Libère nous de l’épidémie qui nous affecte afin que nous puissions reprendre sereinement nos occupations habituelles et te louer et remercier avec un cœur renouvelé.

Nous avons confiance en toi et adressons notre appel à toi, pour Christ notre Seigneur. Amen

 

angePlutôt que d’ironiser sur le fait qu’au temps où les évêques avaient la foi, ils promulguaient des prières publiques à l’approche des épidémies, plutôt que de prescrire des consignes prophylactiques, je voudrais profiter de l’occasion que nous donne la situation présente pour rappeler quelques souvenirs, dont certains nous sont assez proches.